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 <title>De la Sexothérapie. par Hanna TEBOUL</title>
 <subtitle><![CDATA[Cabinet de sexothérapie.]]></subtitle>
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 <updated>2026-04-16T06:10:31+02:00</updated>
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   <title>Vaginisme : Le lieu fendu defendu.</title>
   <updated>2023-12-20T09:24:00+01:00</updated>
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   <category term="Revue Sexualités Humaines" />
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   <published>2023-12-16T21:33:00+01:00</published>
   <author><name>Hannah TEBOUL</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
« Le vaginisme est à l'intromission du pénis ce qu'est le clignement de l’œil à la pénétration du moucheron », disait Kröger. Comparaison qui signe le caractère involontaire de la constriction… Michelle Boiron     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.sexotherapeute-sexotherapie.com/photo/art/default/77203148-56007319.jpg?v=1701908526" alt="Vaginisme : Le lieu fendu defendu." title="Vaginisme : Le lieu fendu defendu." />
     </div>
     <div>
      <b>Comment « introduire » le vaginisme ?       <br />
       </b>       <br />
       Le terme est d’emblée provocateur, c’est un exercice difficile, les mots se dérobent. On est aux portes de l’intime. On se doit d’aborder ce sujet tabou avec humilité et une grande pudeur par respect pour ces femmes. Elles souffrent, au seuil de la jouissance, là où ça doit passer pour advenir, là où ça ne passe pas. Là où ça fait mal, là où ce devrait être l'entrée de la jouissance : c’est la butée. Face à ce continent inexploré, il a fallu aller fouiller chez nos pairs psychanalystes. C’est à la relecture, d’une part de Françoise Dolto qui, grâce une analyse très précise, répertorie tous les symptômes, véritable grille de lecture, de ce corps verrouillé et éclaire cette affection, notamment par le truchement de la phobie, et d’autre part de Jacques Lacan qui évoque l’expression d’une sexualité dangereuse.       <br />
       D’emblée nous postulerons que le vaginisme se lit en relation étroite avec la phobie.       <br />
              <br />
       Dans son séminaire sur la relation d’objet, Lacan expose que l’objet de la phobie serait un élément significatif de l’histoire du sujet qui viendrait masquer une angoisse fondamentale : « Pour combler quelque chose qui ne peut se résoudre au niveau de l'angoisse intolérable du sujet, celui-ci n'a d'autres ressources que de se fomenter un tigre de papier. ». Lacan compare ce signifiant à de véritables parois de papier devenues pour le sujet aussi infranchissables que la muraille de Chine !       <br />
       L’expression est joliment imagée pour représenter la femme souffrant de vaginisme. Nous allons mettre en lumière la manière dont le signifiant phobique protège de la disparition du désir. L’objet phobogène devient le symbole de tous les dangers liés à la sexualité qu’il faut repousser par des mécanismes de défense très organisés. Puis l’analyse d’un cas clinique nous permettra de vérifier les hypothèses de départ et quelques pistes thérapeutiques. Mais tout d’abord, il convient de donner une définition de ce qu’est le vaginisme et de revenir sur la notion de phobie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.sexotherapeute-sexotherapie.com/photo/art/default/77203148-56007320.jpg?v=1701908520" alt="Vaginisme : Le lieu fendu defendu." title="Vaginisme : Le lieu fendu defendu." />
     </div>
     <div>
      <b>Le vaginisme, une impasse ?       <br />
       </b>       <br />
       On retiendra cette définition :       <br />
       « Le vaginisme correspond à l’ensemble des réactions musculaires kinésiques qui visent à fermer l’orifice vaginal lors du coït et existe aussi lors d’examens gynécologiques. Il s’agit de réactions réflexes involontaires de protections localisées au génital que l’on peut voir aussi comme un véritable système défensif de surfaces face à la pénétration vécue comme intrusion, si ce n’est agression. Ce système est souvent associé à une non-représentation ou non-perception du vagin comme lieu érotique féminin et à des mauvais apprentissages sexuels acquis à des degrés divers. » Distinct du vaginisme, la dyspareunie dite d’intromission est une pénétration douloureuse qui est un équivalent du vaginisme, mais incomplet, avec un certain degré de perméabilité et de pénétrabilité. C’est une phobie de la pénétration du pénis de l’homme et de l’agressivité phallique ; c’est une peur de la sexualité coïtale, et surtout la peur de son identité féminine inconnue et l’ignorance de son intimité.       <br />
              <br />
       C’est parfois le résultat d’une agression ou d’un traumatisme sexuel. Ou bien seulement d’un fantasme de pénétration.On parle de dysfonction sexuelle, puisque c’est reconnu comme telle dans le monde médical. Elle peut être primaire ou secondaire, permanente ou intermittente ; sélective ou non. Elle peut se manifester avec un seul ou tous les partenaires. Elle peut être le résultat d’une agression ou d’un traumatisme sexuel. De la définition du vaginisme sont exclues les malformations vulvo-vaginales qui nécessitent un traitement chirurgical et qui peuvent rendre, également, la pénétration impossible.       <br />
              <br />
       <b>La phobie, un rendez-vous ?       <br />
       </b>En grec ancien, phobie signifie effroi. L’effroi est du côté du sujet. L’effroi, lui, vient du latin : faire sortir de la paix. La phobie est la manifestation d’une symbolisation imparfaite du sujet qui face à un changement d’état se trouve confronté à l’impensable. Devenir adulte, exister en tant que sujet, c’est par définition ne plus être dans une relation fusionnelle. C’est donc s’être séparé. La phobie, quel qu’en soit l’objet, est la manifestation d’une symbolisation imparfaite, une maladie de la séparation. Les symptômes sont terrifiants pour celui qui les vit, puisque ce qui est en jeu pour lui dans l’objet phobique n’est rien moins que sa propre disparition en tant que sujet et le retour à un état fusionnel. Comme le dit Irène Diamantis : « La pensée devient incestueuse. » (4) La phobie interdit de penser rationnellement. On attribue à l’objet de la phobie un pouvoir qu’il n’a pas et qui empêche tout contrôle de la situation. L’objet de la phobie est effractant. Le vaginisme est un exemple de phobie associé. En effet, l’expérience montre que les femmes atteintes de vaginisme présentent une autre phobie.       <br />
              <br />
       <b>Le vaginisme : l’histoire d'un tabou ordinaire ?       <br />
       </b>Le vaginisme est un sujet dont on parle peu et dont les références bibliographiques sont peu nombreuses. C’est de toute évidence un sujet tabou. Les femmes qui en souffrent sont très isolées. Elles le vivent comme une honte associée à une grande culpabilité. Elles taisent certaines pensées aussi pour respecter les interdits culturels et personnels dont elles sont porteuses. Un mur de silence. Dans d’autres temps, d’autres lieux – et encore parfois aujourd’hui –, quand la virginité était considérée comme culturellement correcte, voire exigée dans certaines cultures, cela rendait le vécu de ces femmes moins douloureux ; elles étaient vierges et pouvaient en être fières ; elles attendaient éventuellement de se donner au prince charmant. Au XXIe siècle, être vierge n’est pas politiquement correct. Cela contribue à aggraver leur souffrance de femme, et aussi pointer leur incapacité de devenir mère par l’absence de pénétration. L’absence de sexualité, soit ! Mais renoncer au désir de grossesse, impensable ! De nos jours, la performance sexuelle est un signe de « santé sexuelle ». Il est de fait suggéré, pour ne pas aggraver « le trou » de la Sécurité sociale, de jouir pour être en bonne santé. Donc nos vaginiques sont au mieux de mauvaises citoyennes, au pire elles sont coupables et doivent avoir honte. Le message est clair : ouvrez-vous, vous irez mieux et cela coûtera moins cher à la société ! Comme l’illustre parfaitement cette réflexion d’unegynécologue simplement indélicate : « Ne faites pas tout un cirque, moi, quand je vais chez le dentiste j'ouvre bien la bouche pour le laisser faire son travail. » Les femmes souffrant de vaginisme cultivent les images négatives que la société refuse de voir. Comment revendiquer le « label femme » en ayant une sexualité sans pénétration ? Elles cumulent les échecs, là où les autres étalent leurs performances.       <br />
              <br />
       <b>La psychanalyse au secours ?       <br />
       </b>La psychanalyse ignore le vaginisme. Les références sont essentiellement liées à la névrose et à la phobie. Ainsi c’est pendant le déroulement de la crise œdipienne que l’enfant va expérimenter l’épreuve du manque et de la complétude. Ce qu’il perçoit comme manque est situé à l’extérieur de lui et c’est ce manque qui crée l’angoisse. La phobie avec l’objet choisi condense ainsi toute l’angoisse sur un mode défensif. Le sujet est alors en panne de sens et l’objet vient à point nommé pour le soulager. Il sent inconsciemment qu’il est l’instrument de l’autre maternel. L’enfant a alors besoin du soutien du père pour le soutenir ; s’il y a défaillance du père, c’est à ce moment-là pendant la crise œdipienne que peut se constituer la phobie. Ce qui est paradoxal c’est que malgré toute la charge d’angoisse que véhicule la phobie, elle reste un mode de défense contre l’angoisse. Il y a une double économie dans cette opération : il règle le conflit d’ambivalence à l’égard du parent aimé autant qu’à l’égard de celui qui est craint ; la phobie canalise l’angoisse qui n’apparaît plus qu’à l’évocation ou en présence de l’objet phobique qu’il suffit alors d’éviter. Cela se complique évidemment quand il s’agit de la femme qui souffre de vaginisme.       <br />
              <br />
       Comment éviter la confrontation avec l’objet phobique quand celui-ci est le sexe de l’homme avec lequel elle désire être en relation ? Comment rentrer en relation sexuelle avec lui ? C’est essentiellement dans le livre Séminaire de psychanalyse d’enfants, de Françoise Dolto, qu’on a pu trouver une réponse à ce qui reste une énigme pour la femme. Dolto a relaté un cas de vaginisme en pointant les signes cliniques qui donnent un éclairage tout à fait pertinent sur les symptômes présents chez ces femmes : refoulement majeur de la libido des stades génital et oral ; le refoulement culpabilisé provient de désir intense ; l’agressivité sans objet connu ou imaginaire doué d’une puissance terrifiante, d’où la phobie associée sans aucune plainte ; la compulsion à sucer le pouce d’une personnalité très féminine pleine de charme de douceur et de tendresse ; des rêves de dangers élémentaires, cataclysmiques, fournaises éclatements, phobogènes après le réveil et à peine verbalisables. Jusqu’à écrire : « Chez ces femmes, on retrouve toujours inconsciemment le fantasme du viol éviscérateur par la mère, alors que la petite fille très précocement érotisée, même avant la castration primaire, désire le viol trucidant par le père. »        <br />
              <br />
       Notre travail de thérapeute consistera à mener l’anamnèse avec douceur pour éclairer toutes ces zones d’ombre afin de conduire la patiente, qui ne comprend pas ce qui lui arrive, à faire des liens avec son histoire. Petit à petit, elle découvrira l’origine de sa souffrance, en mettant des mots dessus. Le voile pourra se lever, et le rapport avec l’autre enfin exister sans crainte d’« éviscération », de pénétration ou de séparation. On constate, même si chaque histoire est singulière, que la symptomatologie décrite par Françoise Dolto est présente dans la plupart des cas. Soyons néanmoins prudents car d’expérience on sait que l’on trouve presque toujours ce que l’on cherche.       <br />
               <br />
       <b>La relation avec la mère       <br />
       </b>La fille se trouve comme dans une toile d’araignée, prise dans un scénario où étant en fusion totale avec la mère, elle est obligée de se protéger pour ne pas être envahie. Le corps de la fille ne peut s’exprimer sexuellement si dans son fantasme la mère risque de la dévorer de l’intérieur. La fille vit inconsciemment dans la terreur de devenir l’objet de jouissance de la mère avec le risque de se sentir annulée. Dans ce cas, cela se joue tout le temps entre elles. Pas seulement physiquement mais moralement, avec les mots tout est pénétrant et se vit comme une intrusion.       <br />
       C’est ainsi que l’on retrouve, comme dans toutes les névroses, une gamme d’attitudes inconscientes qui se laisse voir dans la sexualité et ici se cristallise sur le vagin, pour créer une véritable symphonie : le vagin est ouvert, il est ouvert sous condition, ouvert tout le temps, ouvert de façon masochiste, ou au contraire il se ferme un peu, beaucoup, passionnément, à la folie. La phobie est mise en place et ces femmes se trouvent seules, exposées sans protection face à cette intrusion.
     </div>
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     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.sexotherapeute-sexotherapie.com/photo/art/default/77203148-56007327.jpg?v=1701908457" alt="Vaginisme : Le lieu fendu defendu." title="Vaginisme : Le lieu fendu defendu." />
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      <b>Le père de la vaginique       <br />
       </b>Le viol du père, fantasmé par la fille, ne produit pas du tout le même effet. La fille ne se fermera pas à cause de lui puisqu’elle le désire inconsciemment, ce père. C’est la différence essentielle avec le fantasme qui met en jeu la mère. Elle imagine toujours dans son fantasme l’énorme zizi qui va tout casser et l’effraie, mais elle sait qu’après il se dégonfle et surtout il s’enfuit. Elle sent que par ce fantasme elle deviendra une femme. Plus tard, quand elle aura grandi mais qu’elle est encore vierge, au moment où elle décide de ne plus le rester, elle est consciente que cela va briser quelque chose en elle, mais elle est prête. C’est très bien illustré sous le titre du conte La Belle et la bête, qui connaît plusieurs variantes en Afrique et en Asie. Ce conte nous révèle qu’en matière de sexualité, il pourrait bien y avoir une valeur universelle. Il nous relate que : « Les jeunes filles ne voient plus un monstre bestial dans l’homme qui les désire mais un beau prince. » (6)Comme si la sexualité, pour la fille d’emblée inquiétante et repoussante, devenait apprivoisée par le truchement des sentiments.       <br />
               <br />
       <b>Le partenaire de la femme atteinte de vaginisme       <br />
       </b>Le partenaire n’est pas n’importe quel homme. Il souffre très souvent d’une difficulté sexuelle masquée par celle de sa compagne et qui est dévoilée dans la consultation. Nous savons qu’une dysfonction sexuelle est rarement isolée. C’est presque toujours un homme anxieux, très gentil, doux, maladroit, peu expérimenté, parfois brutal, qui se heurte à la double barrière de l’hymen et de l’incompréhension. Il se satisfait, lui aussi, au moins durant les premières années de vie commune, d’une sexualité externe au vagin. Ce n’est que tardivement qu’il se plaint et que son désir non réalisé de pénétration vaginale, mais aussi d’avoir un enfant, pourra entraîner une plainte, qui débouchera sur une séparation du couple s’ils ne trouvent pas de solution à leur problème. Si tous les deux prennent conscience de la pathologie de leur couple et s’ils le désirent vraiment, ils trouveront avec l’aide du thérapeute la formule magique ou la bonne clé et pourront franchir la porte fermée : « Sésame, ouvre toi. » Ces couples-là pratiquent, souvent et parfois depuis des années, l’évitement.        <br />
       On peut aussi souligner que ce mode de fonctionnement n’empêche nullement ceux qui en sont porteurs de rencontrer des partenaires. La thérapie fera dans un premier temps émerger leurs raisons de se satisfaire de telles restrictions. On a comme prérequis que lui aussi souffre d’une dysfonction. Commençant par mettre en exergue le fonctionnement du couple, le thérapeute pourra déceler une pathologie conjuguée, ce qui permettra de donner à la femme un peu d’air afin d’alléger sa culpabilité. Elle pourra désormais la partager avec « l’heureux élu », à égalité dans le meilleur des cas. Le dernier patient à qui j’ai proposé ce partage souffrait d’une éjaculation précoce depuis cinq ans. Il n’a concédé, et avec beaucoup de difficulté, que 30 % de responsabilité. C’est lui qui exigeait que sa femme consulte une sexologue sans penser qu’on demanderait à le rencontrer. Et qu’il allait devoir lui aussi se remettre en question.       <br />
              <br />
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              <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>Traitement des traumas sexuels chez les victimes de tortures. Revue Sexualités Humaines 14.</title>
   <updated>2023-12-16T21:29:00+01:00</updated>
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   <published>2023-12-16T21:29:00+01:00</published>
   <author><name>Hannah TEBOUL</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
L’art-thérapie pour déjouer le traumatisme Par Raphaël MORENO     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.sexotherapeute-sexotherapie.com/photo/art/default/76930626-55665316.jpg?v=1700783275" alt="Traitement des traumas sexuels chez les victimes de tortures. Revue Sexualités Humaines 14." title="Traitement des traumas sexuels chez les victimes de tortures. Revue Sexualités Humaines 14." />
     </div>
     <div>
      <b>Introduction       <br />
       </b>       <br />
       <span style="font-style:italic">« Soigner les troubles sexuels au plus près de l’expérience du corps ».</span>       <br />
       Il est difficile d’imaginer qu’il puisse être nécessaire de recourir à la chirurgie réparatrice pour soigner et guérir les souffrances sexuelles qui résultent de violences criminelles, comme par exemple les mutilations génitales féminines ou celles pratiquées chez l’homme sur  la verge ou les testicules.       <br />
       C’est souvent au décours d’une consultation  que la personne se risque à parler de ses difficultés sexuelles. Plusieurs entretiens ont été nécessaires pour établir une relation de confiance. En effet, pour ces hommes ou ces femmes « demandeurs d’asile », qui viennent consulter au centre Parcours d’Exil, le problème primordial est de :       <br />
        - retrouver le sommeil, ne plus avoir de cauchemars ;       <br />
        - avoir moins d’angoisses et moins de pertes de mémoire ;       <br />
        - et surtout, ne plus paniquer en présence des militaires qu’ils croisent dans les rues ou dans les gares ;       <br />
       - en finir avec le stress post-traumatique et essayer d’obtenir le statut de réfugié  reste la motivation première de tous ces réfugiés qui viennent des pays où la violence est quotidienne.       <br />
       Violence coutumière faite aux femmes par les mutilations génitales, violences militaires qui se traduisent pour les femmes par des séries de viols et de tortures  dans les prisons en cas de détention. Violence dans les salles de torture, avec pour les hommes des sévices sexuels sur les organes génitaux et aussi des viols par sodomie.       <br />
       Toutes ces violences entraînent des troubles dissociatifs, qui sont caractérisés par la survenue d’une perturbation touchant les fonctions normalement intégrées comme la mémoire, la conscience et l’identité.       <br />
       <span style="font-style:italic">« Je ne souffre plus, je cesse même d’exister, tout au moins comme un moi global. »        <br />
       </span>        <br />
       <b>Excision et chirurgie réparatrice       <br />
       </b>        <br />
       L’excision est le nom global donné à différentes pratiques traditionnelles qui entraînent l’ablation des organes génitaux externes de la femme. Bien que plusieurs justifications soient données pour le maintien de cette pratique, elle semble liée essentiellement au désir d’assujettir les femmes et de contrôler leur sexualité. En effet, les hommes historiquement en sont les initiateurs et ce sous le prétexte de préserver la fidélité des femmes.       <br />
              <br />
       On distingue trois formes principales de mutilations sexuelles :       <br />
       - la plus courante est l’ablation totale ou partielle du clitoris et des petites lèvres ;       <br />
       - la forme la plus grave est l’infibulation où, après ablation du clitoris et des petites et grandes lèvres, la vulve est ensuite suturée à l’aide de fils ou d’épines et il persiste juste un orifice étroit pour l’évacuation des urines et des règles. Dans ce cas, chaque accouchement est l’occasion d’un traumatisme répété puisqu’il faut inciser pour permettre le passage de l’enfant puis recoudre ;       <br />
       - la « sunna » est la forme la moins « grave ». Elle est souvent appelée excision symbolique. Elle consiste à couper la membrane du clitoris, ou à inciser le clitoris, ou bien encore à en couper le capuchon.       <br />
       Dans certaines communautés, une femme non excisée est traitée d’impure et considérée comme la honte de la famille, qui la rejette. De ce fait, les femmes soutiennent largement cette coutume pourtant responsable de très nombreux cas d’infections et d’hémorragies. A titre d’information, en Egypte où 97 % des femmes sont excisées, où 8 sur 10 se disent favorables à cette pratique et où les trois quarts des opérations sont réalisées à la maison, l’interdiction récente du Conseil d’Etat égyptien de continuer à la pratiquer aura vraisemblablement peu d’impact sur le comportement de la population.       <br />
               <br />
       <b>La situation en France       <br />
       </b>Au XIXe siècle, la clitoridectomie a été préconisée par des médecins comme Paul Broca (1824-1880) pour lutter contre l’onanisme (masturbation). Aujourd’hui, l’excision constitue une atteinte à la personne. Elle entre dans le cadre des violences ayant entraîné une mutilation permanente, délit passible d’emprisonnement et de 150 000 euros d’amende. Lorsque la victime est une mineure de 15 ans, cela devient un crime passible de 15 ans de réclusion criminelle, 20 ans si le coupable est un ascendant légitime (Art. 222-9 et 222-10 du Code pénal). On estime qu’au moins 30 000 femmes et fillettes excisées vivent en France. Différentes organisations estiment que 10 000 à 20 000 petites filles originaires d’Afrique risquent d’être excisées.                                                                                                                  <br />
       Souvent l’excision est pratiquée lors d’un retour au pays et donc hors du territoire national. La législation française fait cependant obligation aux soignants de dénoncer toutes agressions sexuelles sur mineures.       <br />
        
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.sexotherapeute-sexotherapie.com/photo/art/default/76930626-55665324.jpg?v=1700783286" alt="Traitement des traumas sexuels chez les victimes de tortures. Revue Sexualités Humaines 14." title="Traitement des traumas sexuels chez les victimes de tortures. Revue Sexualités Humaines 14." />
     </div>
     <div>
      <b>Observations cliniques       <br />
       </b>        <br />
       <b>1. Chirurgie réparatrice après excision       <br />
       </b>        <br />
       Madame D.a 34 ans. Elle a dû fuir son pays après des manifestations où son mari a été tué, elle a été arrêtée et emprisonnée pour avoir organisé une réunion à la mémoire des personnes tuées cinq mois plus tôt. Elle a été torturée et violée par les militaires et laissée pour morte… Elle a été hospitalisée pendant une semaine et a réussi à s’enfuir avec la complicité d’un infirmier de la même ethnie qu’elle. Avec un passeport d’emprunt, elle est arrivée en France en mars 2010.       <br />
       A la première consultation, elle me confie qu’elle a dû abandonner ses enfants : deux garçons et une fille dont elle n’a pas de nouvelles, et surtout elle a très peur que sa fille de 4 ans ne subisse elle aussi une excision comme c’est la coutume au village. Je vais la suivre de mois en mois, et à la troisième consultation, elle me demande :       <br />
       « Est-ce que c’est possible de me faire opérer ? Car on m’a fait l’excision quand j’étais petite et j’ai appris que c’était possible de faire une opération de chirurgie réparatrice en France. »       <br />
               <br />
       Et elle me dit aussi qu’elle a eu des nouvelles de ses enfants, que le plus grand des garçons est à l’hôpital pour des crises d’asthme à répétition. Mais c’est surtout pour sa fille qui est au village qu’elle est angoissée car elle n’arrive pas à oublier que sa propre petite sœur est morte d’une hémorragie après avoir été excisée au couteau.       <br />
       Vient ensuite une période de trois mois où elle prend rendez-vous mais ne vient pas… et quand elle revient, c’est parce qu’elle est inquiète pour le recours à la  CNDA (Cour nationale du droit d’asile) et qu’elle me demande un certificat médical attestant de son suivi au centre médical. Elle veut surtout arrêter de penser et pouvoir dormir. Le mois suivant, à sa demande, je prends rendez-vous avec le docteur Pierre Foldès (2) et je lui remets une lettre pour faire la chirurgie réparatrice des lèvres et du clitoris.        <br />
       Le Docteur Foldès est chirurgien urologue. Après avoir sillonné le monde en tant que médecin humanitaire, il se consacre aujourd’hui à la lutte contre l’excision.  Il a mis au point une technique de reconstitution de la vulve et du clitoris. Elle sera opérée en août.       <br />
              <br />
       L’intervention consiste, après une dissection des bulbo-caverneux, en :       <br />
       - une réparation complète du clitoris, ce qui permet d’abord de supprimer la douleur latente laissée par la cicatrice ;       <br />
       - une reconstruction des petites et grandes lèvres.       <br />
       Cette opération permet également de résoudre les problèmes d’obstétrique et d’urologie causés par l’excision.       <br />
       Le chirurgien la revoit en septembre, on peut lire dans sa lettre :        <br />
       « Le clitoris est déjà en place, en train de se réépithélialiser et elle entreprend la cicatrisation finale qui se passe dans de bonnes conditions. Nous poursuivons sa surveillance sur six mois pour l’accompagner dans la restauration de sa sexualité. »       <br />
       Mais la chirurgie n’est que la première étape sur le chemin de la restauration de la sexualité, la deuxième étape consiste en un accompagnement corporel et psychologique suivant un protocole de soin supervisé par l’équipe du Docteur Foldès sur une durée d’un à deux ans.       <br />
       Commence ensuite au centre Parcours d’Exil une période de séances de relaxation et de massage de tout le corps pour aider à une reconstruction de l’image corporelle. Notre masseuse-kinésithérapeute a de longues années de pratique auprès des personnes victimes de tortures. Elle sait prendre en charge ces patients et les aider à retrouver une sensibilité corporelle que les tortures avaient détruite. Libérer le corps de son anesthésie aide à libérer la parole et accéder aux émotions refoulées. Car la reconstruction de l’organe blessé n’est pas tout, même si elle intervient dans la restauration de l’image de soi. C’est grâce à ce travail d’empathie que la personne peut se réapproprier son corps et ses sensations pour (re)découvrir son désir et (re)vivre sa sexualité.       <br />
               <br />
       <b>2. Chirurgie réparatrice après violences anales       <br />
       </b>        <br />
       Madame T.est âgée de 28 ans, elle est célibataire et elle tenait un salon de coiffure dans la capitale de son pays. Sous son aspect timide, se cache une  militante pour l’amélioration des droits des femmes. Pour avoir manifesté avec d’autres femmes de son quartier, elle a été arrêtée et mise en prison pendant un mois. Elle a été battue à coups de matraques, ses jambes en portent les cicatrices et elle a été violée par les militaires.       <br />
       Cela ne l’empêche pas deux ans plus tard de participer à des manifestations contre la vie chère et le manque d’eau et d’électricité. Elle est de nouveau arrêtée et emmenée dans un camp de détention pendant deux mois. La nuit, les gardiens viennent la chercher et la conduisent dans une chambre où elle est martyrisée : elle porte sur les fesses les cicatrices des poignards que les militaires enfonçaient pour la tenir tranquille pour la violer et la sodomiser…       <br />
               <br />
       Après plusieurs mois d’attente pour passer à l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et des apatrides) et essayer d’obtenir le statut de demandeur d’asile, elle me confie que depuis les viols par sodomie, elle perd ses matières et est obligée de se garnir. Elle présente une fistule anale traumatique, ce que confirme le Dr. C., chirurgien gastro-entérologue. C’est pourquoi elle s’interdit toute relation sexuelle car elle panique à l’idée de se souiller pendant un rapport sexuel. Plusieurs fois je la sollicite pour qu’elle se fasse opérer, mais elle me dit qu’elle préfère attendre d’avoir son statut de refugiée.       <br />
               <br />
       Il faudra attendre quinze mois pour qu’elle obtienne de la CNDA (Cour nationale du droit d’asile) son statut de demandeur d’asile et qu’elle se décide à se faire opérer. C’est pour elle une grande joie de savoir qu’elle va retrouver son corps sans honte et elle espère retrouver une sexualité satisfaisante.       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Lire la suite</b></div>
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      <img src="https://www.sexotherapeute-sexotherapie.com/photo/art/default/76930626-55665329.jpg?v=1700783204" alt="Traitement des traumas sexuels chez les victimes de tortures. Revue Sexualités Humaines 14." title="Traitement des traumas sexuels chez les victimes de tortures. Revue Sexualités Humaines 14." />
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      Dossier : “Homosexualités aujourd’hui“       <br />
       “L’homosexualité masculine contemporaine“ Patrick Leuillet       <br />
       “Conjugalités lesbiennes“ Natacha Chetcuti       <br />
       “Orientation sexuelle : se reconnaître et s’accepter“ Frédéric Galtier       <br />
       “Le grand mystère du désir masculin“ Clothilde Lalanne       <br />
       Autres sujets :       <br />
       “Le porno, thérapie ou résilience ? Alexandre Merlo et Philippe Brenot       <br />
       “Le speed dating ?“ Pierre-Yves Wauthier       <br />
       “La psycho-sexologie appliquée“ Yvon Dallaire et Yv Psalti       <br />
       “Le slow sex ?“ Dominique Deraita       <br />
       “Le sexe des filles“ Catherine Leboullenger       <br />
       “Semence et souillure en terre Yafar“ Pierre-André Bizien       <br />
       “Parsifal, du sacré au sexuel… “       <br />
       “Portraits de femmes chez Lars von Trier“ Jean-Gérald Veyrat
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   <link rel="alternate" href="https://www.sexotherapeute-sexotherapie.com/Traitement-des-traumas-sexuels-chez-les-victimes-de-tortures-Revue-Sexualites-Humaines-14_a31.html" />
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   <title>Hannah TEBOUL, Thérapeute EMDR IMO, Hypnothérapeute, Sexothérapie à Paris</title>
   <updated>2025-03-12T18:23:00+01:00</updated>
   <id>https://www.sexotherapeute-sexotherapie.com/Hannah-TEBOUL-Therapeute-EMDR-IMO-Hypnotherapeute-Sexotherapie-a-Paris_a22.html</id>
   <category term="Cabinets de Consultation" />
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   <published>2023-12-16T21:26:00+01:00</published>
   <author><name>Hannah TEBOUL</name></author>
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    <![CDATA[
Cabinet 41, rue Oberkampf. 75011 Paris.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.sexotherapeute-sexotherapie.com/photo/art/default/76802943-55363541.jpg?v=1741800194" alt="Hannah TEBOUL, Thérapeute EMDR IMO, Hypnothérapeute, Sexothérapie à Paris" title="Hannah TEBOUL, Thérapeute EMDR IMO, Hypnothérapeute, Sexothérapie à Paris" />
     </div>
     <div>
      Spécialisée dans les troubles de la sexualité individuelle, centrées sur la femme uniquement, ainsi qu’en hypnose thérapeutique et EMDR - IMO.       <br />
              <br />
       L'objectif étant pour la femme, de redécouvrir, de reconstruire une sexualité saine et propre à soi, après une agression sexuelle ou un viol.       <br />
              <br />
       Les troubles les plus souvent rencontrés en traitement: vaginisme, dyspareunies, absence de désir, baisse de libido.       <br />
       
     </div>
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     <div><b>Consultations</b></div>
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      <b>Cabinet d'Hypnose et Thérapies EMDR-IMO de Paris       <br />
       </b>       <br />
       41, rue Oberkampf       <br />
       75011 Paris       <br />
              <br />
       Tel: 06.72.03.82.83       <br />
       
     </div>
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